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< Retour à la liste des articles 03/10/2016
Argent : le mécanisme de la création monétaire
La création monétaire

Crise monétaire, dette, chômage, mais aussi revenu, croissance, pouvoir d’achat : des termes rabâchés par nos médias et nos politiques à longueur de journée, sans pour autant que l’on explique leur lien. Ce lien ? C’est l’argent qui est injecté dans notre économie. D’où vient-il ? Comment circule-t-il ? Nous vous proposons, dans cet article, une piqûre de rappel sur une base fondamentale de notre système économique : la création monétaire.

Qui fabrique l’argent ?

Différence entre monnaie fiduciaire et monnaie scripturale

En France, la Monnaie de Paris est l’institution monétaire chargée de fabriquer nos pièces de monnaie. La Banque de France, quant à elle, assure la production de billets de banque. Cette création de monnaie matérielle, ou monnaie fiduciaire, n’a pourtant aucune valeur en l’état. C’est la monnaie scripturale, créée par les banques, qui va apporter cette valeur à la monnaie fiduciaire.

Comment est créée la monnaie scripturale ?

Pour nos achats les plus importants, nous avons besoin de souscrire un crédit auprès de notre banque. Pour que celle-ci nous accorde le prêt souhaité, elle va alors créer de l’argent immatériel, la monnaie scripturale, grâce à une simple écriture comptable, autrefois appelée lettre de change. Cet argent n’existant pas avant le crédit, on parle alors de création monétaire.

La circulation de la monnaie dans notre économie

La monnaie ainsi créée va circuler dans notre économie de façon immatérielle (chèques, virements, paiements électroniques) ou matérielle (billets, pièces). Grâce au crédit souscrit, nous effectuons des achats de marchandises à un certain prix.

Une fois le bien ou service vendu, une partie de ce prix va servir au chiffre d’affaires des entreprises. Celles-ci vont alors rémunérer leurs employés avec des salaires qui vont permettre de futurs achats, la souscription à de nouveaux crédits, ou le remboursement de leur crédit en cours.

La destruction de monnaie

Lorsque nous remboursons notre crédit à la banque, nous supprimons cette monnaie de la circulation. On parle alors de destruction monétaire. Cet argent doit être détruit pour éviter un surplus de monnaie en circulation par rapport aux richesses produites. Auquel cas, la monnaie perdrait de sa valeur et, avec plus d’argent, notre pouvoir d’achat serait réduit.

La Banque centrale et l’équilibre monétaire

Inflation et déflation : causes et conséquences

Pour comprendre l’inflation, il faut imaginer notre système économique comme une salle de vente aux enchères. Si le nombre de crédits souscrits est multiplié par trois, tous les acteurs de l’économie ont trois fois plus de monnaie pour faire monter les enchères. De surcroît, le prix des marchandises est, à terme, multiplié par trois. En augmentant la quantité de monnaie, on augmente donc les prix. Ce mécanisme est qualifié d’inflation.

Si les prix augmentent, les salaires, quant à eux, n’évoluent pas de façon proportionnelle. Résultat : les ménages vont freiner leur consommation ce qui va impacter le chiffre d’affaires des entreprises. Une trop forte inflation peut donc devenir nuisible pour l’activité économique.

Lorsque, en revanche, l’argent se fait plus rare, les ménages ont moins de monnaie et les prix des marchandises sont revus à la baisse. On parle alors de déflation. Une forte baisse des prix est cependant défavorable aux entreprises qui voient leur marge diminuer. S’ensuit alors une activité économique freinée, nuisible à l’économie du pays.

La Banque centrale, régulatrice de notre économie

La gestion de la quantité de monnaie en circulation sur le territoire national est assurée par la Banque centrale. L’institution prête de l’argent aux banques (LCL, Caisse d’épargne…) qui, elles-mêmes, assurent les prêts aux entreprises et aux particuliers. Le taux directeur appliqué par la Banque centrale va ainsi impacter les taux d’intérêt pratiqués par les banques. De faibles taux d’intérêt vont entraîner une hausse de la demande de crédit, donc une injection de monnaie dans l’économie. Inversement, une hausse des taux d’intérêt ralentira la demande de crédit et limitera la création monétaire.